What the F*%k ?! (2)

Alors si vous êtes là, c’est que le début de l’histoire vous a intéressé et que vous en revoulez une louche !
 Vous m’en voyez ravi

Donc suite à toutes ces aventures, nous nous retrouvons avec le groupe le 28 avril 2008 à faire une résidence à la salle des pipôts à Boulogne-Sur-Mer, tout un programme.  C’était une période difficile pour moi sur le plan personnel (je ne vais pas entrer dans les détails, mais disons que je n’étais moralement pas au top)
  Malgré ça, on y va…

Pauline qui nous avait gentiment programmé me dit

– oui mais c’est quoi ton thème de résidence ?

Moi qui ne m’attendais vraiment pas à cette question…

– Heuuu  j’écris un titre de 30mn pour l’occasion et on en sort un DVD live

– Cool

sauf que le mois d’après c’était annoncé partout

J’ai donc composé « 365 jours » un titre de 30 mn qui est, en fait, une succession de petites histoires courtes dans la vie d’un homme amoureux d’une… femme, c’est banal non ?

Bref, donc pour l’occasion un pupitre de quatre cuivres, deux choristes, un guitariste Elec + mon ami Teteu à la guitare acoustique, l’idéal aurait été d’avoir un quatuor à cordes en plus !

La résidence dure une semaine en général, il n’y avait évidemment pas le budget pour payer les déplacements des musiciens tous les jours. Les musiciens à l’époque habitaient à quelques centaines de kilomètres, les héberger aurait coûté trop cher, leur payer des frais de déplacement tous les jours aurait été une folie que j’aurais pu finalement prendre en charge, mais je pense qu’ils n’étaient pas prêts à le faire et je le comprends. J’ai donc travaillé à la salle tous les jours pour préparer le son, j’avais ramener mon Powermac G5 et deux cartes Motu pour enregistrer le concert, beaucoup (trop) de samples à gérer sur scène, personne pour nous accompagner, pas d’éclairagiste pas de sondier… bref, seul à ruminer c’est long.

La veille du concert, les musiciens arrivent, on se fait un raccroc sur les titres dont 365 jours… J’avais maquetté beaucoup de choses, tout était joué au clic avec un Mac qui tourne sur scène pendant que l’autre enregistre en coulisse. Avec le recul, je me dis qu’il faut quand même une sacrée dose de confiance (ou d’innocence) pour confier à une machine le fait de tourner 30 minutes en live afin de vous envoyer des effets sonores pendant tout ce temps…

A l’époque, je jouais souvent seul dans un bar sur Saint-Omer, j’avais un contrat à l’année en fait, chose qui ferait rêver pas mal de groupes à l’heure actuelle. Le patron de ce bar devait venir avec un très bon ami « Philipp Leduc » et avec eux une dizaines de personnes.

Dix minutes avant de monter sur scène, mon téléphone sonne, c’était le fameux patron en question qui m’annonçait qu’il ne viendrait pas et pour me demander si j’étais au courant que mon ami Philippe venait d’être retrouvé pendu…Il fallait jouer, autant vous dire que ce fût particulier.

Les chœurs n’étaient pas justes, mais bon personne ne prêtera attention aux chœurs me suis-je dit… Le reste était plutôt bien maîtrisé, « 365 jours » n’est pas un titre très compliqué en fait, c’est simplement rempli de nuances et de subtilités qui n’étaient pas forcément au rendez-vous ce soir-là.

Le trompettiste… Le trompettiste, je crois qu’il est responsable du fait que c’est un instrument dont je peux très bien me passer à l’heure actuelle ! Il m’a complètement sapé la partition le salopio ! Pas une note écrite n’a été jouée, ha mais alors des notes, il y en a eu… d’autres évidemment ! Avec le sax on s’est posé la question s’il avait déjà soufflé dans une trompette, c’est dire !
C’est le seul à m’avoir réclamé son cachet une semaine après le concert avec comme excuse « tu sais je ne suis pas trompettiste, je suis coiffeur… »

« What the F*%k ?! »

Pitoyable. J’avais fait confiance à mon batteur à l’époque, Mike, qui avait un niveau époustouflant, je me suis dit : « il doit forcément jouer avec des cadors ». Prenez ça pour expérience, mesdames et messieurs, il y a les musiciens et il y a ceux qui les suivent. Avant, on appelait ça des groupies, là en l’occurrence, c’était un trompettiste.

Le public n’a pas réellement accroché à « 365 jours », une histoire trop à l’eau de rose à des kilomètres de l’univers Zappaïen mais directement influencé par ce que je vivais à l’époque et par la profonde dépression dans laquelle j’étais depuis une bonne dizaine d’années.
 Quoiqu’il en soit voici quelques critiques qui devraient vous mettre en appétit…


 »Ça manquait de jeu sur scène »


J’en ai déduis que le fait que les cuivres avaient un pupitre sur scène ce qui les empêchait de sortir de leur espace avait dérangé cette personne… ou peut-être le fait que j’avais acheté mes nouvelles chaussures l’aprés-midi même et qu’elles me faisaient atrocement mal aux pieds, ce qui m’empêchait de bouger également et de faire le mariole sur scène et ça m’arrangeait finalement bien puisque j’étais tétanisé de peur car j’avais l’impression que rien n’était maîtrisé, puis j’étais surtout triste par la perte de mon ami.

« Tu te prends pour le roi soleil »


Là… J’ai mis du temps à comprendre, ne connaissant pas cette comédie musicale. J’avoue, à l’époque j’étais dans ma période Steve Vai depuis longtemps, j’avais sorti un manteau de poils de je ne sais quoi, le genre de manteau que personne ne voudrait porter et qui venait de la charmante personne qui partage ma vie, de longues bottes, il manquait juste le talent.

« Les chœurs étaient faux »


Et merde…

« C’est quoi ce trompettiste ? »


Je vous l’avais dit

« Tu m’a fait pleuré avec l’histoire de la chanson pour ta fille »


Finalement, je n’ai retenu que celle-ci.
Ce concert sonna le glas de cette formation, j’étais tellement mal que je suis entré en conflit avec mon batteur Mike Rajamahendra (Elijah, Mihel Fugain). Heureusement, c’est arrangé depuis. J’ai décidé d’arrêter le groupe suite à ça et je n’ai jamais rien fait de cet enregistrement qui est encore sur mon disque dur écrit « GOWY PROJECT ».

La vidéo n’a jamais vu le jour car le gars qui était venu avec une caméra s’est assis et n’a pas bougé, génial un plan fixe ! Une caméra…

What the F*%k ?!


Finalement, lorsque j’ai voulu récupérer le tout, j’ai eu droit à un « ha mince j’ai effacé le disque », je ne pensais pas que tu aurais voulu récupérer.

C’est un succès !

Suite à cette aventure, j’ai mis ce groupe de côté un moment mais j’avais trop de choses à faire également. J’ai commencé à travailler pour une compagnie de théâtre « Le théâtre Déboulonné » pour qui j’ai écrit beaucoup de musique, une cinquantaine de titres peut-être. Nous avons monté beaucoup de projets ensemble notamment la pièce « Si » sur le sida, qui deviendra le mini EP « Si » et d’autres choses qui ne sont évidemment jamais sorties sur disque.
Ce qui explique qu’entre mon activité d’intermittent du spectacle et les projets avec le théâtre, j’ai mis un frein à ce groupe jusqu’au jour où j’ai rencontré Olivier Fourrier avec qui j’allais me lier d’amitié.

Bon, ça fait un moment que j’écris là non ?!

A bientôt et merci pour vos commentaires

Juste en dessous 😉

Preuve que je me suis tout de même réconcilié avec les trompettistes depuis…

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